Armatures

Publié le par Eric Costan

 

 

Armatures  

 

       1°

 

L'orage ponctue la pente

Et tout s'effiloche 

L'originel turquoise d'une rivière

L'abeille et le rapace

La lisière

         s'effacent

L'armature même

De la montagne

         vacille

 

 

         2°

 

Choisir une pente

Se déplier

 

 

         3°

 

Avec le soleil

Nous n'avons qu'un

         immatériel

         idéal

Manteau pour deux

 

Une trame

 

         4°

 

J'ai plongé la tête dans le torrent

Ouvert les yeux

Je n'avais plus d'oreilles

Et pourtant tous ces airs

         mes auteurs

         mes traques

         mes descentes

 

Là sous le galet poli

         animale

         végétale 

La vie affinée

 

Je goûte l'eau à sa couleur

Palpite à son débit

Je vibre à son chant

 

         Suis-je

Plus proche de la source

         que du saumâtre

Du cristal

         que de la gangue

Du minéral

Ou de l'alluvion

 

Mais de l'eau

 

Mon nom le dit

Mon nom me fit

Du bord de la rive

De la côte

Il arracha une côte à la montagne

Et me fit

Hors des jours

Hors du temps

Mais dans l'eau

 

Torrent

 

 

 

 

 

Le sublime des cimes succède à l'éclat fragmenté des sous-bois

Et si chaque point de la planète est un début ou une fin

Ici

Au vertigineux du gouffre

Le vertical devient axe

Je prolonge tête haute

La colonne de falaises

De mes vertèbres

 

 

 

 

 

 

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Publié dans Poème

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B
Il faut lire ce beau texte d’Eric Costan. Et le relire attentivement. Pour en percer le secret murmure.<br /> Eric Costan, dont le nom même -« coste »- dit la côte, dit le flanc, dit la pente, dit le rivage, dit l’armature… <br /> Le torrent peut-être…<br /> Car n’est-ce pas de lui que parle le Poète ? De celui qui, quand autour tout s’estompe, tremble, résiste au fracas de l’orage. Lui, l’enfant de la colline. Du sol. Lui qui connaît le monde et sait les correspondances entre le visible et l’invisible, l’immatériel de l’Idéal.<br /> Correspondances…<br /> Oui, il faut le lire et le relire.
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E
Joëlle j'ai effacé par erreur ton com qui disait que la dernière strophe percutait pour toi le plus.<br /> Et bien tant mieux car il s'agit d'une exploration. Et j'ai trouvé Joëlle au sommet le dernier jour de ce carnet de voyage.
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L
C'est ma cinquième relecture. Je reviens à chaque fois, plus hargneux! Merci
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E
Merci infiniment laïty. Voilà qui m'enchante.