Mississipi

Publié le par Eric Costan

                       ( Françoise Pétrovitch - Iles,  fragment )

 

 

Sans interroger la source 

nous avons remplacé les indiens par les arbres

et la poésie par de la verroterie

 

Des tissus infectés

 

Nos têtes devinrent des houppiers

 

Une histoire de plumes et de feuilles 

dans nos recherches héliotropiques

 

  *

J’aligne 

la lune 

      ma solitude

et remplace 

la tristesse par l’émerveillement 

 

Je suis magie

arbre de jade 

 

N’allez pas aux morts

ils viennent 

et nous donnent   

     tout

 

  *

Le bruit de l’eau apporte sur ma rive

la pensée des arbres

Agitées

encre diluée entre sève et sourires

s’y mêlent les tiennes 

 

La nuit je pourrais voir ton visage

reflet de lune penché tout là-bas

sur ta rive

confier tes mots clapotis

 

                *

Je remonte 

du milieu du désert 

des joyaux des soleils des amours 

 

La vie ne s’intéresse pas à nous 

 

Aux cactus centenaires 

aux bestioles à sang froid 

non plus 

 

Elle fait 

belle comme un mystère 

une sieste de chat

griffes assorties

 

Nos larmes émerveillées

roulent au clair de lune 

et disparaissent argentées 

 

Je creuse

 

  *

Je n’ai pas désiré la rivière

elle m’a appelé

Alors le nom de chaque arbre

chaque oiseau

fut offert à jamais

Et l’écriture

s’est posée seule sur mon épaule

Ce que je désire

je ne l’obtiens jamais

 

  *

Je te propose mon hors-chant

Tiens-toi légèrement en deçà de tous ces faux nous 

 

 

Mon schéma non quinaire raconte les luttes sans limites

Il n’y a pas de finale pas de retour pas de suite 

 

L’œil rencontre la non-matière des encres

    sèches 

et la patine des bronzes

 

et les voix me traversent

 

*

Je ne sais quoi te dire 

Tu n’as même pas à verser le tribut des larmes 

Le monde est fait de roches devenues glaise  

et de ces argiles nous créons des briques 

et des vases

Sache mon courroux 

     éteint

Je suis grain de sable

et les vents lentement m’usent 

      sur vos pavés de tessons

 

  *

Le mystère des sources s’écoule au bout du rêve

Il reste la mémoire des eaux dormantes

 

Pratiquer la rivière

 

au début tout était clair

il n’y a rien

échevelé de fougue

à savoir

Le tourbillon porte loin

 

et dégager ses théories

 

J’ai cru la boue déposée

mais las les flots volutes

se chargent de troubles

 

 

 

Publié dans Poème

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M
Rectification<br /> http://emprises-de-brises.over-blog.com/
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M
L'écriture s'est posée sur ton épaule et elle a fait merveille !
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V
Magnifique comme d'habitude.<br /> mélancolique, éthéré, chamanique ( oui souvent les promeneurs se mutent en chamans) , apaisant; d'une simplicité et d'une profondeur émouvantes.<br /> Valgoria, poétesse anonyme qui aime à changer de pseudo au fil des ans ; mais qui reste fidèle à la poésie qui la touche
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E
Ohhh, du mystère ... Merci Val.
S
Il y a ici une telle densité poétique que je reste sans voix... Je suis heureuse d'être venue et de te lire loin du tumulte.
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S
J'en suis intimement persuadée...
E
Tumulte est le mot.<br /> " Une seule chose est nécessaire : la solitude. La grande solitude intérieure. Aller en soi-même et ne rencontrer pendant des heures personne, c'est à cela qu'il faut parvenir." <br /> merci Sylvie
M
J'ai oublié, belle illustration !
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M
Quel plaisir de te lire ici Eric<br /> Toujours beaucoup de mal à faire des commentaires.<br /> Je ressens, je savoure lentement et la magie est au rendez-vous.
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E
Merci Michèle.