Papa Legba (Intégrale)
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Papa Legba :
J’irai sauver mon Amie de la nuit
Ni temps ni lieu
clefs ou boussole
Je passe du visible à l’invisible
perdu sur les chemins de poésie
Je parle au maître des destins
Son chien est mon chien
et son chapeau
mes ailes
j’irai sauver mon Amie
troublée
par l’immonde
Je me souviens de tous ses écrits
Elle m’a dit
tu peux avoir ce que tu veux
ne l’oublie pas
Je n’oublie pas
Mais moi je suis un garçon perdu dans les chemins de la poésie
Et si je touche sa main
tout s’efface
tout s’écroule
Il n’y aura plus de rêve
plus de nuages
plus de murmures
et les démons empliront nos poumons
Je suis enfant de la magie
J’ignore portes et colosses
Mon Amie
son âme est nuage
et je parle au maître des destinées
*
Pour les trois vies
les trompe-la mort
et pour la petite fille
merci
Seul le rêve exauce
et toi tu commandes au rêve
Pose-là ton bâton de gueux
Le feu est petit tas de cendres
Moi je reprends ma route
*
Nous avons humanisé la maison à grand renfort de chats et d’amours perdus
J’ai pris des esprits la douleur
Ici les âmes comme les ruisseaux coulent des champs aux morts
et s’accrochent à mes pas
Ensemble
nous descendons à la rivière
voir le passeur
Je me nettoie d’un poème à chaque retour
*
Le vieux compagnon est revenu
je ne sais pourquoi
Mon vieux chien doit être sien
Il patiente aux croix des pensées
Les portes s’ouvrent
Les chemins se dessinent
Je ramasse les noix
pleure une feuille
casse octobre en petit bois
Puis j’ai rendez-vous
avec les râles
avant le soir
Alors je descends par les chênes
dialogue avec le vieux
moi-même
le chien aussi
Nous écoutons le coucher des oiseaux
les roseaux
l’eau
Les mots descendent du ciel
Le Maître renverse son chapeau
Nous fermons les yeux
*
Le cri des râles
Le poème gigote
Les traits du visage
les bras les jambes
un axe
colonne vers le ciel
Puis vient le carrefour et le choix
Serai-je un frêne ou un homme
*
La mort me recrache souvent
et ce qui s'ouvre me laisse passer
ce qui insuffle me soulève
me sauve
claque au vent
Je dors avec ce vécu
Je chemine un bras, une main
du côté flou
Me tiens là
mi-présent, mi-réel
frontière
Et je soupire un ennui chronique
à subir l'ordinaire
l'incandescence tatouée
au fond des yeux
*
Les plus beaux troncs
se creusent
des siècles avant leur chute
Je suis petit et lourd
mais te promets dans une prochaine vie
la musique de mes paumes
Je volerai
tu seras là
tu seras mon aile
et marcherai toujours dans l'ombre du chemin
Mais je serai brise
pour la tempe des hommes
*
J’ai dit au Vieux
(Le temps remplace l’espace)
Prends ma vie
( L’histoire se concentre
cernes de vie)
et le caillou magique
Prends ma vie et donne le tout à la petite fille
(La réalité vient contredire la vérité
pour éliminer la colère)
Rends ma vie
à la petite fille des brumes
(Mon pèlerinage sera immobile
dans la vallée du vent)
*
J’ai reçu un mot fantôme
effacé au matin
Je sais du rêve son essence
il disait
L’infini est une couleur de
l’île aux sourires
La petite fille des brumes sûrement
prévenait de son passage