Phloème

( photo Anna Maria Carulina Celli )
Elle a plongé petite
Les pieds dans un ruisseau d'argent
Et le vif s'est ancré
Elle rêve souvent de haillons de terre
Entrelacs de flux
D'échanges immortels
Sa lumière vient d'en bas
Ses chemins révèlent le sol
Tout se joue là, dessous
Les sources surgissent
Les arbres poussent
La pierre y devient argile
Tout autour
Des fous !
Les fous se pressent s'agglutinent
Se meurent
Où, l'autre ?
Dans la musique et les mots ?
Dans un lapis rêvé dessiné ?
Où ?
Alors
Elle a posé ses chaussures
Suivi les abeilles
Le thym a reconnu ses pieds
Ses pieds lui ont parlé du chêne
Et le chêne a enlacé l'argent
Elle s'est blottie entre la mousse et l'écorce
Les yeux fermés
La lumière vint d'en bas
Et dans la lumière
Les siècles
Les troupeaux les fous
Les neiges et les soifs
Un souvenir
une écaille
Une saison
un anneau
Une joie
une feuille
Phloème argent xylème
Elle est devenue veine de la colline