Murmures

Publié le par Eric Costan

 

( Le Gouët / photo Dod)

 

 

Lorsque le temps s’entoure de vide 

Un souffle murmure perdu

S'échappe de ma tête

Il faut alors attendre 

Attendre en ressassant 

Des idées tronquées

Ou bien simplement 

Descendre à la rivière

Il y a la lande le tertre 

Puis passage-ombre 

Le chemin creux 

Avec les racines et la terre noire 

Où tout plonge suinte impatient 

Entre les ruines vertes 

Vers la berge

Le déversoir est là scintillant

Endroit sonore et parfait 

Tressé de saules d'aubépines 

De tous les classiques 

Avec son petit pont

Sa fraîcheur

Au delà sinueux

Calé entre des blocs de mégalithes 

Un grand plat 

Si profond 

Qu'en son antre vit forcément 

Quelque chose de sauvage 

De lourd

Scarifié ponctué

Quelque chose d'animal

Et ce qui se dit entre nous 

Sous mes pieds sous la dalle 

Depuis des dizaines d'années 

Avec le chêne et le granit et la truite 

N'est à chaque fois 

Qu'un souffle échappé de ma tête 

Un murmure perdu 

Sans emprise sur le temps


 

06/01/2014

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Publié dans Poème

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