Murmures

( Le Gouët / photo Dod)
Lorsque le temps s’entoure de vide
Un souffle murmure perdu
S'échappe de ma tête
Il faut alors attendre
Attendre en ressassant
Des idées tronquées
Ou bien simplement
Descendre à la rivière
Il y a la lande le tertre
Puis passage-ombre
Le chemin creux
Avec les racines et la terre noire
Où tout plonge suinte impatient
Entre les ruines vertes
Vers la berge
Le déversoir est là scintillant
Endroit sonore et parfait
Tressé de saules d'aubépines
De tous les classiques
Avec son petit pont
Sa fraîcheur
Au delà sinueux
Calé entre des blocs de mégalithes
Un grand plat
Si profond
Qu'en son antre vit forcément
Quelque chose de sauvage
De lourd
Scarifié ponctué
Quelque chose d'animal
Et ce qui se dit entre nous
Sous mes pieds sous la dalle
Depuis des dizaines d'années
Avec le chêne et le granit et la truite
N'est à chaque fois
Qu'un souffle échappé de ma tête
Un murmure perdu
Sans emprise sur le temps
06/01/2014