Papa Legba (Intégrale)

Publié le par Eric Costan

 

Papa Legba :

 

 

J’irai sauver mon Amie de la nuit

Ni temps ni lieu

clefs ou boussole

Je passe du visible à l’invisible

perdu sur les chemins de poésie

Je parle au maître des destins

Son chien est mon chien

et son chapeau

mes ailes

j’irai sauver mon Amie

troublée

par l’immonde

Je me souviens de tous ses écrits

Elle m’a dit

tu peux avoir ce que tu veux

ne l’oublie pas

Je n’oublie pas

Mais moi je suis un garçon perdu dans les chemins de la poésie

Et si je touche sa main

tout s’efface

tout s’écroule

Il n’y aura plus de rêve

plus de nuages

plus de murmures

et les démons empliront nos poumons

Je suis enfant de la magie

J’ignore portes et colosses

Mon Amie

son âme est nuage

et je parle au maître des destinées

 

*

 

Pour les trois vies

les trompe-la mort

et pour la petite fille

merci

Seul le rêve exauce

et toi tu commandes au rêve

Pose-là ton bâton de gueux

Le feu est petit tas de cendres

Moi je reprends ma route

*

Nous avons humanisé la maison à grand renfort de chats et d’amours perdus

J’ai pris des esprits la douleur

Ici les âmes comme les ruisseaux coulent des champs aux morts

et s’accrochent à mes pas

Ensemble

nous descendons à la rivière

voir le passeur

Je me nettoie d’un poème à chaque retour

 

*

 

Le vieux compagnon est revenu

je ne sais pourquoi

Mon vieux chien doit être sien

Il patiente aux croix des pensées

Les portes s’ouvrent

Les chemins se dessinent

Je ramasse les noix

pleure une feuille

casse octobre en petit bois

Puis j’ai rendez-vous

avec les râles

avant le soir

Alors je descends par les chênes

dialogue avec le vieux

moi-même

le chien aussi

Nous écoutons le coucher des oiseaux

les roseaux

l’eau

Les mots descendent du ciel

Le Maître renverse son chapeau

Nous fermons les yeux

 

*

 

Le cri des râles

Le poème gigote

Les traits du visage

les bras les jambes

un axe

colonne vers le ciel

Puis vient le carrefour et le choix

Serai-je un frêne ou un homme

 

*

 

La mort me recrache souvent

et ce qui s'ouvre me laisse passer

ce qui insuffle me soulève

me sauve

claque au vent

Je dors avec ce vécu

Je chemine un bras, une main

du côté flou

Me tiens là

mi-présent, mi-réel

frontière

Et je soupire un ennui chronique

à subir l'ordinaire

l'incandescence tatouée

au fond des yeux

 

*

 

Les plus beaux troncs

se creusent

des siècles avant leur chute

Je suis petit et lourd

mais te promets dans une prochaine vie

la musique de mes paumes

Je volerai

tu seras là

tu seras mon aile

et marcherai toujours dans l'ombre du chemin

Mais je serai brise

pour la tempe des hommes

 

*

 

J’ai dit au Vieux

(Le temps remplace l’espace)

Prends ma vie

( L’histoire se concentre

cernes de vie)

et le caillou magique

Prends ma vie et donne le tout à la petite fille

(La réalité vient contredire la vérité

pour éliminer la colère)

Rends ma vie

à la petite fille des brumes

(Mon pèlerinage sera immobile

dans la vallée du vent)

 

 *

 

J’ai reçu un mot fantôme

effacé au matin

 

Je sais du rêve son essence

il disait

L’infini est une couleur de

l’île aux sourires

 

La petite fille des brumes sûrement

prévenait de son passage

 

Publié dans Poème

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marine D 29/07/2021 07:52

Cette petite fille montre le chemin du fond de l'ombre, elle est vigie, elle commande au rêve et toi tu deviens prince de la nuit...
C'est un très beau poème qui me touche Eric

Eric 31/07/2021 08:47

Merci Marine.
Heureux qu’il te plaise.